Instagramez-vous? Photos, filtres et émulation mobile

C’est tout simple, et pourtant ça change votre façon de faire de la photo. Ça s’appelle instagr.am et ça regroupe, en réseaux petits, moyens et grands, un million d’utilisateurs attirés par la simplicité et l’élégance de l’application. Et par la capacité de partager ses clichés avec ses amis, de façon simple et conviviale.

La "fêve" et la galette des rois, passée au filtre Instagram

Je ne vous ferai pas la description exhaustive du fonctionnement, Laurent Lasalle l’a très bien fait sur le blogue techno de Radio-Canada.

En une phrase, Instagram utilise la caméra du iPhone, traite les photos en format carré – un format rare que je ne retrouve autrement que sur une caméra Rollei des années 60 ou sur des polaroids “analogues”  – et offre une série de filtres et d’effets permettant de donner à ses images toute une gamme de contrastes et d’effets souvent surannées. Comme une poésie des clichés d’antan, sur un instrument à la fine pointe de la technologie.

Un petit piano en chocolat, avec ça?

Grâce à ses possibilités techniques et graphiques, Instagr.am suscite des occasions de photographier, de créer des images intéressantes, parfois même captivantes, à partir de scènes parfois très quelconques, a priori. Plus de contraste, moins de contraste, couleurs chaudes ou froides, noir et blanc, tout ça permet de sculpter l’image facilement, sans avoir à maîtriser toutes les nuances de Photoshop.

Une ancienne église à Hillier, Prince Edward County, Ontario

Et puisque les photos sont partagées entre amis et connaissances, sur un réseau social exclusif au iPhone d’abord, puis sur Twitter, Facebook et cie ensuite, si vous le souhaitez, vous obtenez à la fois une interaction sociale sympathique et une émulation photographique stimulante. En voyant ce qu’a fait l’une ou l’autre avec tel type de scène, on trouve des idées, des manières de mettre à profit l’appareil et l’application.

Même que ça peut créer des interactions directes, dans la vraie vie, comme le 5 à 7 qui se déroule précisément au moment où j’écris ces lignes, soit la première rencontre du groupe Facebook Instagram Québec au Cercle, dans Saint-Roch. Étant à Toronto, je n’y serai pas en personne, mais en partageant des photos sur Instagr.am.

Et si vous voulez voir un peu plus les possibilités de cet outil vraiment convivial et esthétique, vous pouvez aussi aller jeter un coup d’oeil à la galerie Flickr que j’ai créé en rassemblant quelques uns de mes instagrammes des derniers mois.

On vous revoit sur Instagram?

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Ce que je nous souhaite en 2011: des nuances

Ce n’est pas une résolution, simplement un voeu. Un espoir.

Ce que j’aimerais le plus entendre, en 2011, c’est plus de nuances dans le discours. On en trouve toujours, ici et là, mais il n’y en a jamais trop. Particulièrement en ce qui concerne la politique.

L’année 2010, au Québec, aura été particulièrement lourde, de ce côté. Il y avait de quoi colérer, il faut bien le dire, en voyant sortir révélations sur révélations, dans le domaine de l’éthique et des moeurs politiques. Au gouvernement du Québec, des histoires de garderies qui ont emporté le ministre Tony Tomassi aux questions de financement et de prête-noms en passant par la commission Bellemare et les scandales entourant l’octroi de contrats publics, le monde du génie et de la construction, on a l’impression de se trouver devant les écuries d’Augias, dont le nettoyage serait une tache herculéenne. Et on ne parle même pas de politique municipale, où les dossiers s’épaississent constamment – et ce n’est pas fini, d’après ce que j’entends.

Que la classe politique ait à faire un examen de conscience, pas de doute là-dessus. L’état des choses est décourageant et le fait que le premier ministre Charest ait cherché plus souvent à minimiser qu’à montrer que les questions éthiques sont prises au sérieux n’a rien arrangé. Il faudra de grands chantiers pour redresser la situation, tant au plan des actions que des perceptions.

Mais il ne faut pas pour autant tout peindre en noir et jeter le bébé avec l’eau du bain. Prenez par exemple le fameux article de Maclean’s, avec sa couverture proclamant que le Québec est la province la plus corrompue au Canada. Y a-t-il des problèmes récurrents de corruption politique, au Québec? Oui, certainement. Qu’on regarde la situation actuelle ou qu’on retourne voir au temps de Lomer Gouin, comme l’a fait Antoine Robitaille dans les pages du Devoir, on ne peut pas nier que le travail d’assainissement des moeurs publiques – comme celui effectué par René Lévesque, un des politiciens les plus exemplaires à ce chapitre, et pas seulement à l’échelle du Québec – prenne des airs d’éternel recommencement. Sauf que quand on dit “vous êtes les pires de tous”, plutôt que “vous avez un sérieux problème”, et que la méthodologie est inexistante et les nuances absentes, on perd tout l’effet escompté et on tourne le débat autour du Québec-bashing, plutôt que de la corruption.

Le problème est le même quand on se met à dire que les politiciens “sont tous comme ça”, et que rien de bon ne peut sortir de la politique et des gouvernements.

Voyons donc.

S’il y a des politiciens qui passent trop facilement du compromis à la compromission, il y a aussi beaucoup de monde, en politique, qui y vont dans le but de servir leurs concitoyens. Et des ministres qui prennent des décisions en fonction de l’intérêt public – et l’intérêt public, faut-il le rappeler, ce n’est pas toujours l’option la plus populaire ou la plus régulièrement entendue.

Le gouvernement Charest, celui-là même qui a perdu la confiance des Québécois pour des raisons d’éthique, reste celui qui a remis de l’ordre dans le soutien aux familles, avec une restructuration du financement et la mise en oeuvre de l’assurance-parentale (pensée sous un gouvernement péquiste) qui ont fortement encouragé la reprise de la natalité au Québec. Scandales ou pas, le fait reste. Et c’est l’intérêt public qui y a gagné.

De la même façon que le maire Régis Labeaume, à Québec, ne fait pas que des bons coups, même s’il a l’approbation quasi-totale des citoyens, le gouvernement Charest n’en fait pas que des mauvais, parce que les citoyens en sont très insatisfaits. J’utilise ces exemples parce qu’ils sont actuels, mais la logique s’applique à toutes les administrations. Tous les gouvernements font des bons coups et des moins bons.

Et l’espace public reste le seul où l’intérêt général peut vraiment primer – même si ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

Sauf qu’il est bien difficile de faire ces nuances dans un climat qui favorise les expériences collectives fortes et intenses, émotives plutôt qu’intellectuelles. Comme l’écrit David Brooks, chroniqueur au New York Times, à propos d’un ouvrage philosophique signé par deux universitaires américains, notre culture est axée sur l’extase collective, pas sur la recherche des nuances. Nous cherchons une sorte d’élévation, d’emportement, le “whooshing up”, comme une vague qui nous traverse et nous enveloppe:

Our most vibrant institutions are collective, not individual or religious. They are there to create that group whoosh: the sports stadium, the concert hall, the political rally, the theater, the museum and the gourmet restaurant. Even church is often more about the ecstatic whoosh than the theology.

Cette «culture d’aréna», comme il intitule sa chronique, recherche et valorise l’emportement, le “trip” collectif, l’adhérence totale au phénomène du moment – qu’il s’agisse de Régis Labeaume, de Jaroslav Halak ou d’Arcade Fire. Peut-on espérer trouver des jugements équilibrés et nuancés dans un tel contexte? Mettons que ce n’est pas simple.

Barack Obama ne décevrait pas tant s’il n’avait pas été autant érigé en messie. Mais il n’aurait probablement pas été élu s’il n’avait pas créé ces emportements collectifs de la culture d’aréna. Il est difficile de motiver les troupes à coups de subtilités.

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Perplexed by Paper.li

If you’re using Twitter or Facebook, you’ve probably seen a lot of these “dailies” pop up in your stream. Everybody with a particular interest in a particular topic seems to be publishing the “something something daily”, with a selection of news items picked up from selected accounts in their Twitter and/or Facebook stream. From the Mexican Food Daily to the Posture Office Chair Daily (!), there’s something for everyone – and more – as a quick Twitter Search will show.

The tweets reporting the daily publication of these “newspapers” are standardized, saying: “The xyz daily is out ▸ Top stories today by…” followed by a list of Twitter IDs that have “contributed” stories in that edition. The standardized form is because all these tweets originate from a common source: the site that created this new kind of media, Paper.li.

On the one hand, as a long time newspaper guy – writer, editor and avid reader – I like to see that the daily paper remains a reference for organizing information – and the implication that a lot of people are still looking for some organization and editing of the information they get. The fact that a site like this has popped up and is apparently gaining traction shows that there are channels that traditional media could use in the new Internet social media context, and that the traditional models of news presentation still remains relevant in certain ways. How that could inform decisions by traditional media remains to be seen, of course.

However, there are a number of problems with the way Paper.li is set up. There is often a misalignment between the supposed “top stories” and what you find on the front page of a daily edition. As the quoted source for certain stories, I was regularly perplexed when trying to find what I’d supposedly contributed. In certain cases, there was nothing to be seen – so what gives?

Also, there is no clear distinction between the actual source of a story and someone who relayed it as a third, fourth, hundredth retweet. So saying “stories by…” is imprecise at best and often misleading, as far as I’m concerned. If I Tweeted a really good wine story by Dr Vino, Vinography or Eric Asimov, attributing the story to me is in very bad form, and not giving credit where credit is due. Yet clear attribution of a stated information is one of the basics of proper journalism.

I actually find it embarrassing, to a certain extent, to see my name associated to a story as if I had authored it, when I just quoted it as a reader. For instance, in a recent edition of the Savvy Sommelier Daily, I was quoted as the source of a news item about John Stewart and the Daily Show – which was in fact a retweet by me of a tweet by Roger Ebert relaying information from The Independent. I certainly didn’t immediately understand why my name was under an Independent story, until I retraced the chain of tweets. Quoting Roger Ebert would have made a little bit of sense – quoting me did not.

In that respect, Paper.li actually contributes to the confusion in information that social media can sometimes instill, when its stated goal is actually to organize and clarify information flowing through the social media streams. You’ll notice on the Paper.li homepage that (at the time of “printing” this story, at least), the web site claims to be in Alpha mode, not even Beta, so maybe improvements will come. And if information is properly relayed on these paperless newpapers, that would be news worth headlining, indeed.

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There’s a book for that: Abebooks’ room of literary oddities

No matter how strange the subject, someone has probably written a book about it.

Why do I vomit? There’s a book about that.

How to make your own sex toys? That too.

A book on beer can collecting? Of course.

And how could you not want a book of join-the-dots erotic pictures? Or a book on toilet paper origami?

And if the economy gets really bad, maybe the cookbook of Critter Cuisine won’t be so useless after all.

I absolutely love the fact that humans seem to feel the need to consign absolutely everything. It’s what made me buy Boring Postcards, a collection of actual postcards representing motels from the middle of nowhere, secretarial pools of corporate head offices, parking lots and other remarkably ordinary images of ordinary human life. One by one, they might not mean much, but put together, they become remarkable.

A boring postcard from one of Martin Parr's remarkable books.

I had the book on my desk for a year, when I worked as director of public relations for an event, ten years ago, and watching people’s faces, as they (almost inevitably) picked up the grey-sleeved book and flipped through it, made the purchase worth its price many times over.

Abebooks, the great Internet crossroads of used book sales, has created a whole “room” dedicated to weird books. From How to Survive a Robot Uprising to Twinkie, Deconstructed, The Thermodynamics of Pizza or 101 More Uses for a Dead Cat (implying there was a previous book of 101 uses for a dead cat…), the browsing in itself is quite an experience. It’s kind of like the Ig Nobel prizes for literature.

They’re promoting the selection just before Christmas, as a “what do you get for the person who has everything” catalog. One thing is for sure: the person in question had better have a sense of humor.

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Quelques lectures sur la lecture et la littérature

J’ai bien souri – et réfléchi – en lisant la chronique de Wajdi Mouawad, dans Le Devoir de mercredi dernier. Ça s’appelle Les estis d’intellectuels et ça tire magnifiquement partout, avec l’intensité secouante que Wajdi démontre dans à peu près tout ce qu’il fait. «La culture est le mot qui permet de ne pas dire le mot «art» », lance-t-il ici. «Cadenassé par les ententes syndicales signées entre chaque corps de métiers, le théâtre au Québec est passé, en 20 ans, de l’art de créer avec peu à celui d’administrer avec encore moins», ajoute-t-il un peu plus loin.

Wajdi Mouawad se fâche vite et s’exprime fort. C’est ce qui fait la force incontestable de ses pièces – je me rappelle encore de la claque en pleine face que je me suis pris en voyant Littoral et Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, il y a de nombreuses annéeset la force et la faiblesse de ses interventions publiques. Parce que c’est excessif et en même temps très juste. Même si une partie de nous dit “voyons, Wajdi, calme-toi, t’exagères”, l’autre partie se fait joyeusement pincer la corde sensible.

Si on veut lui dire qu’on n’est pas d’accord, si on veut faire les nuances, il faut prendre le temps d’y réfléchir.

Comme quand il parle du livre, dans sa chronique, et qu’il nous convie à mettre le gun sur la tempe de notre libraire, en lui demandant:

Il est où, le criss de livre, le seul, l’unique, qui va agir sur moi comme l’eau bouillante agit sur l’esti de poche de thé pour en révéler toutes les saveurs? Il est où le livre qui va m’ébouillanter et libérer de moi les parfums que je ne parviens pas à libérer par moi-même? Il est où?

La manoeuvre est risquée, Wajdi. Quand on met le gun sur la tempe de quelqu’un, il y a de fortes chances qu’il réponde n’importe quoi. N’empêche, on comprend ce que tu veux dire. Que la lecture, ce n’est pas l’art de lire n’importe quoi, ni d’en lire le plus possible. C’est l’art de lire vrai:

Échapper à la dictature du bruit. La dictature du «tout avoir lu» creuse nos tombes, achat après achat. Lire ne signifie pas: lire tout. Il est possible de ne lire, toute sa vie durant, qu’un seul livre. Mais alors on le lit!

C’est vrai que c’est agaçant, le il-faut-que-tu-lises-ça. Non. Pantoute. Il faut pas. Des bouquins, j’en ai refermé des paquets bien avant la fin, pas tenté une miette de me les taper parce qu’il le faut. Comme le disait Daniel Pennac il y a presque vingt ans, le premier droit du lecteur est de ne pas lire.

Sauf que.

Sauf que la lecture libre, le droit de ne pas lire, ça se vit bien dans une situation d’abondance. Il faut qu’il y en ait, des livres dans les rayons, pour qu’on ait la chance de trouver le sien, «le seul, l’unique». Et donc toute la machine de l’édition, le monde du livre au grand complet, avec ses qualités et ses défauts, sa roue qui tourne, ses salons et ses prix, son obligation de remplir un “programme éditorial”, de publier un certain nombre de livres par année, pour nourrir sa machine, pour remplir ses obligations, percevoir ses subventions…

C’est vrai que c’est agaçant, par moments. C’est vrai que beaucoup de livres se publient un peu mollement (“ça me prend six titres québécois… bon, correct, je vais publier celui-là…”). Mais le livre – pardon, LE livre – finit par trouver son chemin. Je suis d’un naturel confiant. Je crois que même sous la dictature du bruit, la note pure résonne et se fait entendre.

Ainsi, je ne m’inquiète pas tout à fait autant que Foglia, quant à l’avenir de la littérature, avec l’avènement du livre électronique.

Foglia, dangereusement en forme, ces temps-ci (voir ses chroniques sur la go-gauche et sur les gaz de schiste) se demande, iPad à la main, si le livre électronique ne se retrouve pas obligatoirement dans un Wal-Mart, alors que la littérature est affaire de libraire, de parcours personnel.

Ce n’est pas une question de support, insiste-t-il avec raison:

Vous attendez que je vous dise que je préfère le papier? La question du support est très secondaire.

Prenons la nouvelle qui, dans le livre de Suzanne Jacob, a pour titre J’ai tué pourquoi. Le début: «Papa nous a parlé. Nous attendons sa nouvelle femme. Elle va arriver à midi aujourd’hui. Je suis énervée et j’énerve ma soeur Colette. C’est la quatrième nouvelle femme que papa nous amène et qu’on essaie depuis que nous vivons séparés dans deux maisons. Ça sonne enfin…»

Rendu là, qu’est-ce que ça peut bien foutre que ce soit sur papier, sur votre iPad ou encore imprimé en caractères chinois sur un rouleau de papier cul? Si, rendu à ça sonne, vous n’êtes pas à la porte avec la petite narratrice pour voir la tête qu’elle a, cette quatrième de papa, oubliez ça, la lecture. Essayez le parachutisme.

En effet. Si le livre est bon, on le lira, quel que soit le format. Peut-être qu’elle sera très différente, la littérature du 21e siècle, à force de changer de format, de distribution. Mais LE livre, croyez-moi, on le trouvera. Et je dirais même qu’il nous trouvera.

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Why remycharest.com?

It’s simple, really. I’d been thinking about creating a site where I could bring together everything I publish online – and what I’ve written and has been published online by others. In the sidebars on the right, you’ll find RSS feeds to all four of my blogs, as well as the feed for Palate Press, the online magazine I work with as a contributor and editor. There’s also my Twitter feed and my Flickr feed.

This is also where I should blog about general topics that don’t fit into my wine and food blogs, and present the articles I’ve written for other publications or sites.

I hope to see you back here soon.

Rémy

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